Réflexions au vinaigre

La vie d'Arthur de B./Le Cornichon Masqué, ado comme les autres qui aimerait bien s'intégrer, un pied à Acapulco, Mexique, un autre à Paris, France. Je plains ceux de Madère.

mercredi 9 août 2006

Appel à l'inspiration!

Je m'aperçois que je ne fais presque pas de notes sur le Mexique...Certains seraient tentés de dire que j'invente tout cela, d'autres que je les laisse sur leur faim, mais je peux leur répondre ceci: je ne sais pas quoi raconter, pour la simple et bonne raison que je ne sais pas de quoi parler!

Alors, chers lecteurs, j'en appelle à vous: faites-moi des suggestions de notes sur le Mexique! Que je puisse voir ce qu'il y a d'étonnant dans ma vie...

Ah? Je vous vois, vous, avec votre suggestion de mettre des photos de ma villa sur le blog...Je vais en faire, mais je vous répondrai que mon père a eu la présence d'esprit de laisser le câble reliant l'appareil numérique à l'ordinateur en France...

Posté par Cornichon à 05:12:00 - Le Mexique m'excite - Commentaires [8] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Chilapa mi amor

Levée aux aurores ce dimanche 6 août (6 heures du matin...Je signale que pour les non-informés, j'ai tendance à me réveiller à 10-11 heures) pour une expérience amusante: avec mes parents, le chauffeur Cristobal et les deux caméristes, Tonia et Ana-Maria, nous partons pour le village de Chilapa, dans les montagnes du Guerrero. En effet, la miss Ana-Maria est originaire de là-bas, et nous a parlé d'un immense marché dominical...Il n'en faut pas plus pour éveiller l'intérêt de ma mère...

Il ne faut pas moins de 2 heures de route en voiture, à travers Acapulco se réveillant, pour récupérer les caméristes, puis à travers l'Etat de Guerrero, en passant par la capitale administrative Chilpancingo...Magnifique décor sur les autoroutes de montagne du Guerrero, avec les nuages qui forment une brume dans les montagnes, un peu à la manière de l'Ecosse...Et enfin, voici Chilapa, et son immense marché.

La population est divisée en deux groupes: métis à prédominance indienne, et Indiens tout courts. Mes parents qui sont plus petits que moi voient tous les passants leur arriver à l'épaule. Malgré les allées et venues des marchands et des quelques touristes (pour la plupart simples citadins, venus de Mexico et d'autres villes du Guerrero: nous étions les seuls véritables étrangers), le marché est très calme, sans hurlements. On y vend des bibelots, des pots, des vases, des aliments délicieux (piments, cacahuètes, mandarines, pastèques, tortillas...), des oiseaux (du perroquet au dindon), des bracelets, des petits objets trouvés dans la terre (du genre fossiles d'amonites...Rien de véritablement précolombien)...Sous un soleil doux qui ne fait pas transpirer (à cause de la sécheresse de l'endroit), nous faisons notre razzia, sans que ma mère ne marchande trop, en faisant pour ma part une petite récolte pour mes coupains (Alice, Anne-Flore, et les autres, si vous me lisez...^^). Une belle visite dans ce marché immense et calme, sans aucun voleur au contraire du marché artisanal de Mexico...Je reste éberlué par la grandeur de ce marché dans un village comme celui-ci, mais comme l'économie de la petite ville repose dessus...

Puis, une autre curiosité de Chilapa: l'église consacrée à Saint-Georges ou Saint-Michel, je ne sais plus (on me souffle San Miguel): en tout cas, sur le fronton, on voit un dragon pourfendu par un chevalier. Cette église est très récente: on voit très facilement le béton et le ciment, et l'église, dans laquelle se déroule une messe en l'honneur d'une personne décédée il y a un an, est décorée de fresques représentant les Mystères et le Calvaire, ainsi que, près de l'autel...Un Christ gigantesque, disproportionné avec le zèle habituel des sculpteurs espagnols...Le Christ est bien plus vieux que l'Eglise lui-même.

Une légende étrange court sur ce Christ: les gens qui ne sont pas de bonne foi ou mauvais chrétiens ne le verraient pas apparaître sur les photos lorsqu'ils le photographient...Véritable miracle, mauvaise qualité des développeurs ou superstition? Toujours est-il que la camériste née à Chilapa affirme qu'elle a photographié le Christ en croix trois fois: trois fois, il n'est pas apparu...Alors, de deux choses l'une: ou mon père est un bon chrétien, ou son appareil photo numérique est de bonne qualité, car trois photos furent prises, sur les trois il apparut...

Ensuite, la journée s'achève douze heures après mon lever, avec à nouveau deux heures de route vers Acapulco, avec une escale dans un petit village pour jeter à un coup d'oeil à une église consacrée à Saint Martin, sans intérêt notable alors que l'on nous avait annoncé qu'elle était typiquement indienne...On a frôlé l'accident sur l'autoroute, grâce à un type vraisemblablement complètement bourré qui a percuté la voiture derrière nous dans un virage, près d'un précipice...Autre bon point de ce voyage: j'ai pu achever ma lecture de Germinal...

En bref, une belle escapade qui m'a permis d'aller voir d'autres horizons, à mon grand plaisir!

Posté par Cornichon à 05:09:00 - Le Mexique m'excite - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

dimanche 16 juillet 2006

Apocalipsis Ahora

La guerre des gangs, que j'évoquais il y a trois mois, ne cesse toujours pas. Pour ceux qui sachent l'espagnol et qui voudraient se tenir au courant des dégâts de la guerre des narcotrafiquants à Acapulco, je conseille El Sur de Acapulco, en ligne.

Dernières frasques des narcos, qui veulent forcer leurs rivaux et les autorités à se plier devant eux en enlevant quelques-uns de leurs comparses, en les décapitant et en déposant leurs têtes devant les bâtiments de leurs ennemis (entrepôts des narcos, palais de Justice, mairie, commissairiat de police), non loin des cadavres anencéphales. Il y a deux jours, c'était un marsouin de la marine fédérale; il a été retrouvé hier, mort (mieux vaut, vu l'état dans lequel il était), avec un autre cadavre, dans une voiture abandonnée au soleil...Les narcos avaient calculé leur coup de manière à ce que la voiture soit remarquée par les passants, à cause de l'odeur atroce des cadavres en décomposition surchauffés...

Alors, pour tenter de sauver à temps les enlevés, l'armée (et plus la police...) fait patrouiller un hélicoptère dans le ciel d'Acapulco. Il survole pendant toute la journée la ville dans un bruit d'enfer, comme si on pouvait voir les disparus depuis le ciel. Des manifestations se succèdent dans les rues pour réclamer le retour de la paix...

Croyez-moi, lorsqu'on écrit tranquillement des histoires de tueurs à gages, qu'on écoute sur Radioblogclub The End des Doors, qu'on voit un hélicoptère voler au-dessus de son jardin à l'horizon, qu'on apprend du bouche à oreille des histoires pareilles, on a l'impression d'être en pleine guerre du Vietnâm. Plus exactement, dans un fameux film de Francis Ford Coppola.

L'horreur, l'horreur...

Sinon, je suis très zen, ici, dans mon petit Jardin des Délices dont je suis le Gentil Damoiseau languissant à l'idée d'être délivré, comme le dit si bien Cendrinox. Sans doute parce qu'en étant en dehors du monde, sans les gens, sans le monde alentour. Irresponsable, mais zen.

Posté par Cornichon à 22:51:00 - Le Mexique m'excite - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

vendredi 7 juillet 2006

Ubu président

Habemus presidente. Felipe Calderon, le candidat du PAN (Parti pour l'Alliance Nationale, qu'on peut classer comme conservateur), a remporté les élections présidentielles mexicaines. Si vous avez quelque peu miré les informations ces derniers temps, vous avez pu constater, depuis dimanche, l'imbrioglio présidentiel au Mexique: tels Bush et Gore en Floride en 2000, Calderon et son principal adversaire, Andres Manuel Lopez Obrador (PRD, Parti pour la Révolution Démocratique (sic), qu'on pourrait apparenter à une certaine forme de gauche), se chipotaient pour quelques voix, dont on n'était pas sûrs, avec un pays aussi grand que les Etats-Unis mexicains. Le président de l'Institut électoral fédéral et le président sortant, sieur Vicente Fox Quesada, ont eu beau supplié, les deux candidats en ballotage se sont dépéchés de proclamer la victoire chacun de leur côté. A présent, c'est officiel: Calderon, le candidat du parti ayant remporté la Casa de los Pinos (palais présidentiel mexicain) en 2000, le PAN, est le 20eme président des Etats-Unis mexicains depuis la Constitution de Queretaro, le 5 février 1917, 77eme président du Mexique depuis l'indépendance (78 en comptant l'infortuné empereur Maximilien de Habsbourg), élu du 1er décembre 2006 au 1er décembre 2012, à la tête de la deuxième nation industralisée d'Amérique Latine.

Evidemment, le sieur Obrador, dans sa défaite et sa rancune (sa victoire en aurait été une nouvelle pour la gauche en Amérique latine, après les victoires de Chavez au Venezuela, Lula au Brésil, Morales en Bolivie), va certainement s'empresser de faire un procès auprès de la Cour Suprême, prétextant d'éventuelles fraudes...Ce feuilleton durera encore plusieurs mois... Le PAN et le PRD sont également au coude-à-coude à la Chambre des Députés et à la Chambre des Sénateurs, puisque les Mexicains font leurs législatives en même temps que leurs présidentielles. Cela permettra à monsieur Calderon de n'avoir pas de bâtons dans les roues, comme son prédécesseur, en cohabitation forcée.

Grand perdant de ce caucus mexicain, avec à peine 20% aux présidentielles et la majorité perdue au Parlement: le PRI, Parti Révolutionnaire Institutionnel (si, si), qui aura dirigé le Mexique sans discontinuer pendant 71 ans, de 1929 à 2000. Ce fut le temps de la dictature parfaite, créée par le général Plutarco Calles (grand-oncle de l'homme qui nous a légué cette maison, huh...): tout en respectant le dogme mexicain de la non-réélégibilité, le candidat du PRI gagnait à chaque fois les présidentielles, désigné en personne par le président sortant, et avec forces fraudes...Ce système, s'il n'était pas démocratique, permit au Mexique de n'avoir aucune guerre civile étendue au pays entier depuis les années 20, un record en Amérique latine.

Et puis, cela a donné de chouettes présidents, comme Lazaro Cardenas, président de 1934 à 1940, qui dit véritablement "merde" aux Américains en nationalisant le pétrole mexicain, le Mexique ayant les 6emes réserves mondiales de pétrole, et où la société pétrolière, la Pemex, dirige absolument tout. Le Mexique se targue qu'il y ait plus de stations service que d'écoles sur son sol: cherchez l'erreur. Le senor Cardenas peut s'enorgeuillir dès lors d'avoir plus de 120 rues à son nom à Mexico. Et que penser de ce cher Carlos Salinos de Gortari, premier potentat du pays de 1988 à 1994, qui avait flingué son cheval en 1968, parce qu'il avait perdu les épreuves d'équitation aux Jeux Olympiques de Mexico? Avant de s'exiler en Irlande au terme de son mandat, il demanda à son frère Raul d'assassiner son propre candidat à sa succession, Luis Donaldo Colosio, aussitôt remplacé par Ernesto Zedillo Ponce de Léon, son ancien ministre du budget, qui parvint à faire s'effondrer le peso (dévaluation de 200%), résultat de la politique catastrophique de Salinas: "l'Erreur de décembre" continue à pourrir l'économie mexicaine, main dans la main avec la corruption. On comprend que les néozapatistes aient choisi ce moment pour se rebeller au Chiapas.

En bref, bonne chance, Felipe, pour être à la tête de ce grand pays qu'est le Mexique. Et continue, comme tes prédecesseurs, à nous faire rire!

Posté par Cornichon à 05:42:00 - Le Mexique m'excite - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

samedi 24 juin 2006

Desde Acapulco!

Mais oui, c'est moi, le Cornichon Masqué, au Mexique depuis le lundi 19! Si je n'ai pas pu faire ma traditionelle note d'adieux, c'est que durant le week-end, pendant que je recevais Susie, Internet il était kaputt. Là.

Mais là, j'ai un Internet qui marche bien, après avoir modifié mon modem et fait poser une carte de configuration Internet mexicaine sur mon ordi portable, d'où je vous écris...Il fait très, très chaud, et la pluie, dont c'est normalement la saison, n'arrive point...

Enfin bon...Si, pendant mon séjour qui durera jusqu'au 2 septembre, vous voudriez poster des notes en piratant (une vieille coutume blogesque existant il y a un an environ, sur le blog de Pollo ou le mien, tiens), n'hésitez pas à poster dans les commentaires...

Salutations!

P.S. (en évaluant le 56k): AU SECOOOOOOOOOURS!

Posté par Cornichon à 21:19:00 - Le Mexique m'excite - Commentaires [8] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



« Page précédente  1  2