vendredi 20 avril 2007
I will be back
Bon, j'ai rien foutu, et j'en suis fier. Je rapporte rien comme souvenirs, parce que les Chilangos ont tout emporté avec la Semaine Sainte. Et j'ai des tas d'amis qui m'attendent à l'autre bout de l'Atlantique.
Ceci était une phrase vraie en partie.
Je me suis déféqué dessus sur mes devoirs emportés sous le soleil et j'en ai encore plein en sautant de l'avion. Je rapporte quand même des t-shirts et des bracelets (trop cool). Et je balise en me demandant ce qui va m'arriver avec les gens (toujours sympathiques et merveilleux).
Commune d'Oaxaca, pour ne pas que ce soit oublié...
Je sais pas si je vous l'avais dit, mais je participe, avec les sympathiques et merveilleux Lucile P., Maria B., Juliette L., Aude M. et Alexis P., à la rédaction de l'Illustre Journal, périodique du lycée Molière dont le présent article était écrit pour être dans le futur troisième numéro...Mécontenté par sa taille et sa péremption (ça a fini en décembre, hé), je préfère, sans attendre la réponse de la chère amie chargée du numéro, le mettre ici: au moins, ça se perdra pas...
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Vous n’avez pas vu ces images de professeurs mexicains en grève, réprimés par des forces paramilitaires tirant à balles réelles. Ainsi que ce journaliste américain, barbu à lunettes, érigé en martyr par les altermondialistes. Et vous n’avez jamais dû vous demander : ça veut dire quoi, tout ça ?
Qu’est-ce qu’Oaxaca, d’abord ? La capitale de l’Etat mexicain éponyme, berceau des civilisations zapotèques et mixtèques, symbole de la colonisation espagnole (Hernan Cortés, conquérant de l’empire aztèque, était marquis d’Oaxaca), ville natale des présidents Benito Juarez, héros de la guerre contre les Français, et Porfirio Diaz, champion de longévité en tant que dictateur du Mexique. Ville la plus peuplée d’Indiens au Mexique (60-70% de la population), elle est inscrite au patrimoine de l’UNESCO depuis 1987, du fait de son architecture coloniale et du site archéologique de Monte Alban, à proximité.
En 2006, les élections présidentielles se soldent par une victoire contestée du parti au pouvoir, le PAN (conservateur), en la personne de Felipe Calderon, contre son adversaire Andres Manuel Lopez Obrador, du PRD (socialiste) ; le PRI, le parti qui fut au pouvoir de 1929 à 2000, est battu à plate couture : le gouverneur de l’Etat d’Oaxaca, Ulises Ruiz Ortiz, est accusé de corruption et d’abus de pouvoir (comme la majorité des politiciens mexicains), en faveur du PRI pendant la campagne. Le 22 mai, une grève professorale commence à Oaxaca, pour des revendications salariales : le 2 juin, les grévistes étaient passés de 70000 à 30000. Cette simple grève comme il y en a tant aurait pu en rester là si le 14 juin, pour répondre aux vœux de ses ouailles qui se désolent de voir que les murs d’une ville aussi touristique qu’Oaxaca soient couverts de graffitis, le gouverneur envoie sur place une force de 750 policiers là-bas : la répression se solde par 8 morts et 15 disparus. En France, seuls le Monde et quelques journaux d’extrême-gauche parlent de l’évenement…
La révolte s’étend progressivement aux autres secteurs et aux centres urbains de l’Etat : le 27 juin, la Asemblea Popular la Guelaguetza
Le PAN, l’Eglise et les hommes d’affaires d’Oaxaca, préocuppés par l’altermondialisme croissant, forcent le président sortant Vicente Fox à prendre une décision : le 30 septembre, des unités de l’armée fédérale commencent à être déployées à Oaxaca. Le 27 octobre, au moins un professeur gréviste et Brad Will (de son vrai nom Bradley Roland Will), journaliste du réseau d’information altermondialiste Indymedia, sont abattus lors d’une altercation : la question sur le fait qu’il s’agissait de policiers ou d’anciens paramilitaires notables locaux se pose encore. Le 29, le centre-ville est occupé ; le 2 novembre, l’université autonome Benito Juarez est attaquée.
Après l’évacuation de la dernière barricade le 29 novembre par l’APPO, l’ordre règne à Oaxaca, bien que l’APPO continue ces réunions dans la clandestinité. Après la prise de fonctions du président Calderon le 1er décembre, le leader symbolique de l’APPO, Flavio Sosa, annonce trois jours plus tard qu’il vient à Mexico négocier une solution pacifique. Quelques heures plus tard, il est arrêté avec quelques autres partisans pour les actes de vandalisme et de détentions illégales exercés par les grévistes. Sosa étant membre du PRD, le parti assurera sa défense pendant son procès. Une manifestation de soutien à Oaxaca a été organisée le 22 décembre, à travers le monde, par l’APPO et Indymedia.
La figure de Brad Will a été érigée en martyr par les altermondialistes, et saluée par le sous-commandant Marcos, leader des néo-zapatistes chiapanèques ; la révolte d’Oaxaca a été reprise par les médias altermondialistes, devant le silence des grands médias internationaux. S’ils restent le seul moyen de prendre des nouvelles d’Oaxaca, alors que des mois après l’insurrection, le Mexique maintient une chape de plomb autour des évenements, même au sein du pays, ils laissent évidemment craindre une forte partialité dans le traitement des informations. A l’instar de la révolte au Chiapas, débutée en 1994 et retombée dans l’oubli en 2000, ou de la violente répression des protestations de San Salvador Atenco en mai 2006, le Mexique entier approuve ou reste indifférent devant la répression dont sont victimes leurs concitoyens. Non pas que le Mexique soit encore une dictature bananière : le pays n’a pas connu de guerre civile depuis les années 1920 et était dôté d’un régime des plus « démocratiques », pour l’Amérique latine s’entend. A l’heure d’Internet et de la communication à échelle mondiale, des combats et des informations restent passés sous silence de par le monde. Et cela peut se passer à l’autre bout du monde comme à vos portes.
Car comme le dit le proverbe : « Pauvre Mexique, si loin de Dieu et si près des Etats-Unis »…
mercredi 11 avril 2007
Le spleen d'Acapulco
On a traversé Pâques sans le savoir: on croyait que ce serait dimanche prochain et non ce dimanche-ci. A part ça, le Pacifique est chargé de toutes les immondices chariées par des orifices divers par les Chilangos (Parigots mexicains: ceux de Mexico city, quoi), ce qui fait une magnifique écume marron sur l'eau. Heureusement, la justice divine s'est chargée de noyer deux ou trois Gringos, Ad Majorem Dei Gloriam.
Et avec mon 56k prétenduement boosté par un logiciel de haut débit mexicain, j'en viens à m'interroger sur l'utilité de tenir un blog...Je ne vois pas...Si on considère que la plupart de mes compagnons internautes sont dessinateurs et que pour eux tenir un blog est d'une utilité flagrante, alors que je suis loin d'entrer dans cette catégorie. Je passe le plus clair de mon temps à surfer sur des skyblogs, écrire des billevesées historico-vaseuses et écouter ce que je trouve sur Radioblogclub...Comment? Oui, oui, je travaille, en me reposant plus ou moins sur mes lauriers...Etre dans une classe où les deux tiers n'excédent guère le 6 de moyenne donne envie de baisser les bras, surtout quand on sait qu'ils finiront par passer à travers les mailles de l'administration, surtout quand on sait que se trouvent des traîtres (ah, ça, je m'en souviendrai de celui qui exige du vin blanc de luxe sans dire bonjour...). Dieu merci, j'ai fini par trouver de véritables copains-copines...Toujours mes regrets: si seulement j'avais connu ces gens-là plus tôt, je ne me serais pas morfondu à aimer des êtres qui m'ont mieux trahi et qui me haïssent facilement aujourd'hui...J'ai voulu prendre une voie sociabilisante et artistique: je ne suis pas fait pour ça. Bons amis faciles, niet, écriture, nitchevo. Afinbon...
Alors que tout va mieux, que raconter sur un blog, je vous le demande? Sur ce, bonnes vacances, on est loin de se les geler, ici.
mercredi 4 avril 2007
Blitzpassage
Cornichon prépare ses bagages-stop-Cornichon part demain matin-stop-Acapulco, Mexique-stop-Gelez-vous-les bien-stop-mwahahahaha-stop-plus détails là-bas-stop
dimanche 1 avril 2007
Zut...
Quand je pense que je l'avais bien mis en évidence...
Bon, le 25, ça faisait deux ans que je bloguais. Et j'ai toujours pas le succès escompté...Evidemment, quand on commémore avec une semaine de retard...Standing ovation, please...
Autrement, je propose aux heureux gagnants du concours de m'envoyer leurs souhaits sur mon mail (debarripar@free.fr)
Au reste, je vous laisse, j'ai toujours du boulot, et je sors d'une joyeuse fête entre lycéens. Ca s'est très bien passé, alléluia...
