mercredi 23 août 2006
Mexique sensuel (non, ce n'est pas un article porno)
Cendrinox (paix à son blog) me propose de pondre un article sur mes madeleines de Proust et les sons que j'ouïs, je lui réponds par un article sur ceux-ci et sur les cinq sens...Comment ceux-ci s'incarnent-ils au Mexique?
L'ouïe:
Toute la journée est bercée par les chants des oiseaux (mouettes, pipisterelles et/ou perroquets) qui passent dans les airs, les ressacs de la mer (et non son silence si cher à Vercors) qui se brisent sur les bords de la zone fédérale, les aboiements des chiens, le ronron du ventilateur et/ou du climatiseur, le son de la machine à essorer les balais de nettoyage, et durant les orages, les gouttes de pluie qui s'écrasent sur les vitres, le tonnerre qui fait vibrer la maison et le vent qui siffle dans les fenêtres, comme dans les films d'horreur. Il y aussi le chanteur du jeudi pozole du restaurant d'en face, qui doit être l'amant de la patronne, c'est pas possible...
La vue:
Ah, les plus belles vues sont depuis l'hôtel Los Flamingos (ancienne demeure de Johnny Weissmuller et John Wayne) au crépuscle, sur la terrasse à l'aube, ainsi que la baie illuminée par les orages...Alors que la maison est peinte selon un inchangeable rituel de bleu et blanc...Les photos à mon retour.
Le toucher:
Entre sentir le contact de ma paume et de ma plante des pied contre la pierre, le gravier, les vitres, la poussière, la brique, la peinture fraîche, ou sentir la douce chaleur du soleil, la transpiration sur ma peau, l'humidité de la piscine ou la fraîcheur du ventilateur, il est difficile de qualifier le sens du toucher.
L'odeur:
Notre produit pour nettoyer le sol fleure si bon les fleurs que les amies de ma mère veulent toujours en rapporter un flacon. Rajoutons les fleurs du jardin, les fumets de la cuisine, ceux de la peinture et de la térébenthine (si chers aux junkies), l'odeur de rechauffé et/ou de moisi des pièces fermées depuis longtemps, l'odeur humide du jardin après la pluie, ainsi que celle du chlore dans la piscine.
Le goût:
Je ne mange pas beaucoup de spécialités mexicaines, comme les tamales (viande dans des feuilles de banane), l'avocat, les tortillas grasses, le guacamole, ou les calebasses farcies; je préfère la cuisine vietnâmienne de ma mère, faite avec les moyens du bord.
Les madeleines de Proust:
J'éprouve une grande nostalgie et une envie du Mexique chaque fois que j'entends quelque chose à propos de ce pays dans les informations, que je goûte un plat mexicain en France, que je vois les couleurs bleu colonial ou blanc associées quelque part, le vent qui siffle comme dans les films d'horreur et dans les fenêtres mal fermées, quand le soleil me rappelle celui qui forme les ombres des palmiers, ou lorsque je vois une belle piscine, tout simplement.
Commentaires
Hmm, ça donne envie de voyager tout ça...en tout cas tu nous fait rêver mon cher ;-)
C'est le moins que je puisse faire, cher ami!
Mais ce n'est plus une seule madeleine, c'est carrément un plateau complet ...
Au chapitre son et film d'horreur, entends-tu le cri de Weissmuller les nuits de pleine lune : "Aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaah !" ?
Non. Ou alors, c'est moi qui imite tout seul les loups-garous.
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